Identité & idéologie
Organisation islamiste armée implantée dans l’archipel de Sulu (Sulu, Basilan, Tawi-Tawi). Fondée en 1991-1992 sur fond de radicalisation post-conflits Moro et d’influence afghane.
- Fondateurs : Abdurajak Abubakar Janjalani (prédicateur formé en Libye/Syrie et vétéran d’Afghanistan). Après sa mort en 1998, le commandement est passé à Khadaffy Janjalani puis à Isnilon Hapilon, chef de la faction pro-EI.
- Idéologie initiale : salafiste-jihadiste, création d’un califat indépendant (Bangsamoro) et application stricte de la charia. Hostilité envers les autorités philippines et l’influence occidentale.
- Évolution : dérive progressive vers une économie criminelle (enlèvements, extorsions) tout en conservant la rhétorique jihadiste. Allégeance d’une faction à l’État islamique en 2014.
- Objectifs réels : survie du groupe, enrichissement financier par enlèvements contre rançon, trafic de drogue, extorsion et maintien d’une façade idéologique pour recruter.
- Justification de la violence : jihad défensif, taxation des non-croyants, usage de la terreur (attentats, décapitations) pour intimider forces de sécurité et civils.
Capacité & zones
- Capacité actuelle : effectifs réduits (quelques dizaines) après une forte pression militaire ; pertes des dirigeants clés. Capacité limitée aux embuscades et opérations opportunistes.
- Implantation : archipel de Sulu, Basilan, poches à Tawi-Tawi et péninsule de Zamboanga. Capacité maritime en recul suite au renforcement des patrouilles.
- Modes opératoires : enlèvements contre rançon (KFR), attaques de guérilla, EEI, extorsion de communautés locales, violences ciblées (décapitations historiques, désormais plus rares).
- Cibles : forces armées philippines (AFP), police nationale, civils locaux et étrangers, pêcheurs et navires régionaux.
- 6 derniers mois : aucune revendication majeure (fin 2023 - mi-2024). Activité essentiellement marquée par des opérations de sécurité gouvernementales, arrestations et redditions ; absence d’attaques spectaculaires confirmant l’affaiblissement opérationnel.
Structure & financement
- Organisation : réseau fragmenté de petites cellules claniques. Commandements locaux semi-autonomes rendant l’anti-terrorisme complexe.
- Leadership récent : figures telles que Radullan Sahiron, Isnilon Hapilon (mort 2017), Hatib Hajan Sawadjaan (mort présumée 2020) et Mundi Sawadjaan pour la faction pro-EI.
- Effectifs estimés : quelques centaines au maximum (combattants + sympathisants), largement inférieurs au pic historique.
- Financement : enlèvements contre rançon (source principale), extorsion locale, trafics (armes, stupéfiants, piraterie), dons ponctuels de sympathisants étrangers. Pas de soutien étatique avéré ; corruption locale possible.
Dépêches & menace
- Dynamique récente : redditions continues, découverte de caches d’armes et neutralisation de cellules résiduelles (déc. 2023 – mars 2024). Stratégie de survie plutôt que d’expansion.
- Signaux faibles : criminalité opportuniste accrue, difficulté de recrutement, vieillissement des cadres et perte de soutien communautaire.
- Niveau de menace : élevé localement (Sulu/Basilan), modéré région/reg. maritime, faible international. Risque principal : enlèvements et violences ponctuelles.
- Trajectoire 12 mois : poursuite de l’érosion capacitaire mais persistance d’un noyau criminel armé capable d’incidents graves dans ses bastions.